Depuis toujours Villedieu a vécu d'une économie essentiellement agricole, pastorale et vivrière basée sur une politique d'autosubsistance tant pour les hommes que pour les animaux. Les terres riches étaient réservées aux cultures exigeantes tandis que vignes et oliviers occupaient les parcelles défavorisées. Le cheptel comptabilisait six à sept cents moutons, une cinquantaine d'animaux de trait, autant de porcs et de multiples basses-cours. Les prairies, les céréales, les plantes sarclées (betteraves, pommes de terre) et les jardins potagers mobilisaient donc la majeure partie des meilleures terres, notamment irrigables. Sur le restant prospéraient des cultures aujourd'hui disparues que la révolution industrielle du XIX siècle avait valorisées.

      La garance au rhizome teinturier rouge vif détrônée par l'arrivée des teintures synthétiques. Le mûrier pour la sériciculture (élevage du ver à soie) florissante aux XVIIIème et XIXème siècles, ce qui a entraîné la construction en 1854 d'une usine (moulinage) à dévider la soie des cocons. La campagne n'étant pas électrifiée, la force hydraulique du canal du Moulin lui assurait sa production d'électricité. Cette usine appelée " La Fabrique" à fonctionné jusqu'en 1930. Elle employait alors 25 ouvriers, d'abord en majorité des arméniens exilés du génocide, puis des immigrées italiennes déjà formées à ce travail ; mais l'importation de soies étrangères causa sa perte.

      La betterave sucrière, le chardon à carder la laine et le millet à balai étaient autant de cultures destinées à l'industrie.Après la deuxième guerre mondiale, une nouvelle mutation s'opère en faveur des cultures légumières de plein champ (tomate d'expédition et de conserve, melon, haricot, fraise, asperge) et de l'arboriculture (cerisier, abricotier, prunier, pommier). Mais les difficultés générées par l'application du Marché Commun (chute des cours, concurrence étrangère) et la décrépitude des marchés de gros traditionnels (Vaison La Romaine, Carpentras) conjuguée avec la mécanisation généralisée de la viticulture ont condamné l'élevage du mouton et la polyculture au bénéfice de la vigne et au détriment des petites exploitations.


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      Villedieu est située au coeur d'une région qui a vu les Phocéens introduire la vigne vers l'an 600 avant JC. Les Romains étendent le vignoble le long du Rhône puis les Papes lui assurent une grande prospérité. Au XIIème siècle, les Templiers considèrent déjà le terroir de Villedieu comme le meilleur de la région. Puis par respect pour les traditions vinicoles les Papes octroient à la population des franchises avantageuses.

      En 1338 un décret attribue aux châtelains de Villedieu des "muids de vin pur ". Des plantations sont mentionnées au cadastre de 1414.
      En 1600 est créée la Vénérable Confrérie Saint Vincent des Vignerons de Villedieu abolie sous la Révolution, réveillée de ses cendres le 28 août 1989.
      Le 19 novembre 1937 Villedieu accède à l'Appellation Contrôlée Côtes du Rhône et le 15 septembre 1985 à l'Appellation Village.

      En 2001 le vignoble villadéen s'étend sur 608 hectares dont une centaine cultivés selon la méthode biologique. La majeure partie de la récolte est vinifiée à la Cave Coopérative La Vigneronne créée en 1939 puis agrandie en 1966, en 1974, enfin en 2001 pour un volume moyen de 25.000 hl en Côtes du Rhône dont 2.500 hl issus de la viticulture biologique. Et de 6.000 hl en vin de pays. La cave La Vigneronne est la référence leader en Côtes du Rhône sur le marché des vins issus de la viticulture biologique.

      Deux domaines indépendants, Les Aussellons et Les Adrés (ce dernier en bio) vinifient eux-mêmes leur propre production. Un volume conséquent vinifié à l'extérieur de la Commune est compensé par des apports externes vinifiés à la Coopérative.


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      Une culture ancestrale l'olivier, arbre de lumière.

      Arbre traditionnel de la Provence depuis l'antiquité, comportant de nombreuses variétés: à huile (verdale, souzin, rougeon) à huile et olive de bouche verte (picholine) à huile et olive de bouche noire, la tanche (olive de Nyons) variété spécifique adaptée uniquement sur notre mini région.
L'importance du verger villadéen justifiait alors, au début du XXème siècle, la présence sur la commune d'un marché hebdomadaire (décembre à février) et de deux moulins à huile (et àfarine) actionnés par la force hydraulique du canal, de 1440 à 1956.
Toutefois Villedieu étant située en limite septentrionale de la zone de croissance de l'olivier a subi à intervalles irréguliers des gels hivernaux catastrophiques ; les plus récents en date 1929, 1940 et 1956 qui a vu le verger entièrement anéanti et les moulins définitivement abandonnés. La conjonction du gel et de la montée en puissance de la vigne (bonne santé de l'A.O.C. Côtes du Rhône) avait fait pratiquement disparaître l'olivier du paysage. La mise en place de l'A.O.C. olive et huile d'olive de Nyons, variété tanche ainsi que la notion justifiée de santé autour de ces produits ont favorisé depuis 1990 un regain d'intérêt pour cette production.


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      Le creusement du canal du Moulin en 1440 avait permis la construction d'un moulin à huile et à farine, puis celle d'un moulin à foulon pour le foulage du drap (affinage avec une terre argileuse) transformé ensuite en moulin à huile, enfin l'édification de l'usine à soie.
      En 1872, création d'un atelier d'imprimerie et cartonnage pour le montage de boîtes en carton destinées à recevoir les graines (oeufs) de vers à soie.
Puis création d'une deuxième imprimerie doublée d'une activité statuaire.
La mémoire collective signale la présence discrète d'un four à chaux de 1885 à 1926 et le fonctionnement d'un atelier d'équarrissage.
      Ces activités dynamisantes, le caractère sédentaire d'une importante population (jusqu'à 1100 habitants) ont créé des besoins et fait se développer une économie de métiers de proximité 13 commerces et 12 artisans.
L'incendie de l'imprimerie cartonnage (17 juin 1920) la fermeture de l'usine à soie (1930), la migration d'activités artisanales vers des centres plus importants, la crise économique ont désagrégé ce tissu professionnel. Au plus bas de sa population, vers 1960 et malgré le boum du logement et l'avènement de l'automobile (3 entreprises de maçonnerie, i garage), Villedieu ne comptait plus que 8 commerces et 6 artisans.
En 2002, l'économie villadéenne s'articule autour de deux pôles : la viticulture et le tourisme. Les ventes de vins représentent 95% du revenu brut agricole, et la cave coopérative emploie 7 salariés permanents.
S'il ne reste que 7 artisans et 5 commerces, les chambres d'hôtes et les gîtes ruraux sont en plein essor. L'ancienne usine à soie a été transformée en centre d'accueil pour groupes : La Magnanarié, le Café devenu communal assure du service snack en saison estivale et l'afflux croissant de visiteurs fidélisés par la qualité du cadre de vie a incité à l'ouverture d'une pizzeria-restaurant.

      Autant d'atouts pour une image attractive du village et la promotion valorisante de ses vins.


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      L'abandon de l'activité pastorale, donc des prairies et céréales a bouleversé le biotope traditionnel. La disparition d'insectes (sauterelles, grillons, criquets) a entraîné la raréfaction de nombreux oiseaux. La chaîne alimentaire : nourriture (graines insectes) consommateurs (rongeurs, passereaux, reptiles) prédateurs (rapaces, renards, mustélidés) a été rompue.
La généralisation des traitements chimiques (herbicides, pesticides) appliqués massivement à une viticulture monopoliste a aggravé le processus. Outre l'empoisonnement direct des petits vertébrés, une nouvelle biocénose s'est installée au profit des parasites et au détriment de la faune auxiliaire (coccinelle, chrysope).

      Toutefois il existe des zones sauvegardées : les surfaces boisées ou incultes pour 210 hectares et les cultures en méthode biologique (100 hectares) sur lesquelles on constate une réhabilitation de l'écosystème avec une vie ornithologique et entomologique en regain, ainsi qu'un retour en force du lézard gris. Cette technicité (en expansion) n'est en fait qu'un retour aux pratiques de l'avant chimie, la puissance mécanique et l'automatisation ayant supplanté la traction animale et les manipulations humaines. Ces zones constituent autant de réserves écologiques préservées ou restaurées.

      Parallèlement à la raréfaction des passereaux indigènes (pies, fauvettes, moineaux, mésanges, alouettes) ou migrateurs (pinsons, hirondelles) on assiste à la sédentarisation du merle noir, du rouge-gorge, à l'implantation de nouvelles espèces, le guêpier (chasseur d'Afrique), la tourterelle domestique, le héron cendré et surtout la prolifération galopante du gros gibier (sanglier, chevreuil). Une compensation pour les chasseurs après l'extermination endémique du lapin de garenne par la myxomatose.

      Quelques espèces ont relativement bien résisté à ces mutations : l'écureuil roux, le blaireau, le renard, le geai, le corbeau, l'escargot (gros de Bourgogne, et petit gris). Mais le symbole de l'été provençal demeure la cigale. Infatigable chanteuse qui compte deux espèces : la cigale plébéienne (du pin) à la mélodie syncopée avec couplet et refrain, et la cigale dite du frêne mais bien adaptée aux autres essences, l'olivier notamment, plus petite, au chant immuablement monocorde, d'où le surnom local de " Kha-Kha ".


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      La topographie extrêmement contrastée du territoire conditionne une flore adaptée à chaque type de biotope. Spécifiquement méditerranéenne dans les collines où la pinède se partage entre le pin d'Alep et le chêne rouvre (celui-ci présent d'ailleurs en tous lieux) associés au cade et au génévrier avec une profusion de mousses. Dans les stations ouvertes donc plus arides et sèches, prolifèrent les espèces naines aromatiques (romarin, thym, sauge, serpolet, lavande aspic) auxquelles se mêlent les bleus azur du lin sauvage, de la catananche, du bragalou et l'or des ajoncs.

      Les talus des terrasses cultivées sont les supports d'arbustes (cornouiller sanguin, fusain, aubépine, sureau, prunellier, chèvrefeuille, églantier, genêt) et des lianes (ronce, clématite des haies). Les pratiques répétées du débroussaillage (mécanique ou chimique) et de l'écobuage constituent une menace pour ce milieu, qui abrite oiseaux et faune auxiliaire, au profit des graminées.

      La rivière, les ruisseaux et ravins humides sont le domaine des arbres à hautes tiges (peupliers, bouleaux, saules, trembles, frênes, noisetiers) et d'une végétation basse (joncs, roseaux, prêle, primevère, violette, graminées). Mais l'occupant omniprésent sur tous ces sites reste le lierre grimpant, ce tueur d'arbres, dont les baies noires sont une manne pour les grives.

      Parmi la multitude d'adventices dans les vignes et vergers citons, ray-grass, chardons, laiterons, liserons, ronce naine, chiendent, ravenelle, etc... maîtrisés par le binage. Le désherbage chimique a favorisé l'expansion de résistants opportunistes: garance (rescapée de l'ancienne culture), prêle. Les herbes des moissons, disparues avec elles (coquelicot, nigelle) ont été remplacées par de nouveaux envahisseurs : moutarde blanche, amarante, chénopode, érigeron du Canada. De l'époque dorée du ver à soie il ne reste des légions de mûriers que de rares spécimens au hasard de quelques cours de ferme. De même pour l'amandier et le figuier. Le cyprès pyramidal et le cyprès de Provence concurrencés en ornement par le thuya et le cyprès de Lawson sont en régression. Disparus du bord des routes, Villedieu en possède encore sur plusieurs hectomètres ; quelques centenaires ornent le cimetière et certaines entrées de propriétés; çà et là des haies existent toujours, mais mal entretenues et tombent en décrépitude. Plusieurs groupes de platanes d'âges différents ombragent les places du village.


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      Le Vaucluse est un département reconnu hautement mycologique en quantité, qualité et diversité. Bien que le terroir de Villedieu ne soit pas des plus réputés on peut y cueillir lactaire sanguin, girolle en tube, pied de mouton ou armillaire. Mais la reine de la région reste la truffe noire (Tuber mélanosporum) et sa sous-espèce la brumale (chair marbrée). Spontanée (générée par les chênes indigènes) en bordures des vignes ou issue de plantations (mycorhyzation en laboratoire par micélium des jeunes plants) cette production aléatoire reste soumise aux caprices de la pluviométrie.

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