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Farandoles de crêtes en bosquets, de vallons,
de terrasses, de fermes adossées à ladret
des coteaux, de vignes triomphantes, doliviers
obstinés relevant le défi :
panorama
Provence par dagrestes sentiers aux arômes
de thym sur lécran bleu profond des Préalpes
voisines soudain resplendissantes quand lhiver
les blanchit.
Point
dorgue à ce décor, bravant au
sud le vent marin, ouverte aux horizons, inondée
de lumière, déesse solitaire, alanguie,
presque nue dans ses atours de pierres
Sa Majesté
Gardette en parure de vignes, aux mamelons bachiques
sengorgeant de nectars au souffle du mistral,
au soleil des midis, à la douceur des nuits.
Au
creux de cet écrin, surgi dun promontoire,
patriarche veillant sur un peuple de toits patinés
par les ans, couronné de créneaux, serti
du bronze de ses cloches, le fier donjon desTempliers.
Tout
près de ce seigneur, telle une courtisane,
lhorloge du beffroi ce fleuron des remparts,
tendue vers le zénith dans un espoir mythique
paraît guetter linstant de capturer le
Temps.
Au
pied de ces géants qui tintent ou carillonnent
pour la Vie qui sourit, qui chante et puis sen
va, la brise du bonheur glisse dans les ruelles, sur
la pierre du ² barri² où le Vieux
se prélasse prés de lEnfant qui
joue, sur laile au martinet dans le couchant
vermeil, sous le dais clair obscur des platanes où
la fontaine sourd sa chanson de cristal, où
la fête sembrase, où lamitié
se noue, où le village vit
paisible
et bouillonnant.
Tandis
que dans la plaine, lAygues capricieuse, ruisselant
de galets, deau vive et de clarté émoustille
les filles aux plaisirs de lété
là-haut sur linfini, à la porte
des jours, de son trône olympien illuminé
dazur: le mont à tous les vents, le Ventoux,
gardien de ces trésors enviés des monarques,
des Papes, règne sur ce pays que les dieux
ont béni.
Voyageur
,
si tu hantes au matin ces hauts lieux quand les parfums
de juin exhalent dans la vigne la grappe épanouie,
chavirent dallégresse le ballet des abeilles
aux bractées du tilleul, embaument dans la
haie le subtil chèvrefeuille et la neige des
fleurs à lolivier dargent
si tu flânes aux temps chauds, à lorée
des pinèdes, inhalant les senteurs montant
du lavandin, quand les churs des cigales, dans
un hymne au soleil, bercent dun festival la
sieste de Cérès
et si tu tardes encor, aux vendanges fécondes,
quand lautomne en folie attise de ses ors un
sublime incendie
"
Livresse de tes sens exaltera léveil
de désirs capiteux,
Et lécho de ton cur chantera
VILLEDIEU. "
Henri FAVIER
Vigneron
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