Le mode de vie ayant évolué, la plupart des coutumes et traditions ont disparu : finies les veillées bihebdomadaires (mercredi et samedi, veilles de congés scolaires) entre voisins, les frasques des jeunes conscrits, les charivaris de remariage, les virées nocturnes de ferme en ferme en groupe, à pied, déguisés et masqués... et lorsque février sonnait le glas pour les cochons, il était coutumier de porter aux proches voisins, la fricassée : boudins noirs fraîchement sortis du chaudron où ils avaient bouilli, lévadette (morceaux d'abats), viande à frire (gorgeron) saindoux, et la réciprocité était de mise.



      Subsistent encore les traditions de Noel. Par dévotion, par attachement aux coutumes ou simplement pour l'art, la confection de la crêche provençale, simple ou élaborée reste l'évènement emblématique des fêtes de fin d'année.

      Ainsi que l'immuable souper du 24 décembre et son menu maigre traditionnel :
   
     - Soupe de louzans (larges nouilles festonnées) au bouillon de légumes
        - Morue dessalée frite à l'huile d'olive nouvelle avec ail en gousses et olives noires de Nyons, éventuellement accompagné d'un gratin d'épinards.
        - Cardons sauce béchamel

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      Les 13 desserts personnifiant Jésus et les 12 apôtres :  
   
     - 3 fruits de saison : mandarines, dattes, pommes.
   
     - 3 fruits secs : amandes, noisettes, noix
   
     - 3 garnes (fruits séchés) raisins secs, pruneaux, figues
   
     - 1 tarte au citre de Provence (pastèque à cuire)
   
     - 2 nougats : blanc et noir
   
     - 1 pain d'épice
Le tout arrosé de vin nouveau (primeur)


      Reviennent également à l'époque des Rameaux: Les Brassadeaux. Couronne de pâte briochée à la fleur d'oranger (10cms) ébouillantée puis cuite au four.


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.:: Villa Deï Romaine ::.

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.:: Villedieu aux sept collines ::.


…Farandoles de crêtes en bosquets, de vallons, de terrasses, de fermes adossées à l’adret des coteaux, de vignes triomphantes, d’oliviers obstinés relevant le défi :

panorama Provence par d’agrestes sentiers aux arômes de thym sur l’écran bleu profond des Préalpes voisines soudain resplendissantes quand l’hiver les blanchit.

Point d’orgue à ce décor, bravant au sud le vent marin, ouverte aux horizons, inondée de lumière, déesse solitaire, alanguie, presque nue dans ses atours de pierres … Sa Majesté Gardette en parure de vignes, aux mamelons bachiques s’engorgeant de nectars au souffle du mistral, au soleil des midis, à la douceur des nuits.

Au creux de cet écrin, surgi d’un promontoire, patriarche veillant sur un peuple de toits patinés par les ans, couronné de créneaux, serti du bronze de ses cloches, le fier donjon desTempliers.

Tout près de ce seigneur, telle une courtisane, l’horloge du beffroi ce fleuron des remparts, tendue vers le zénith dans un espoir mythique paraît guetter l’instant de capturer le Temps.

Au pied de ces géants qui tintent ou carillonnent pour la Vie qui sourit, qui chante et puis s’en va, la brise du bonheur glisse dans les ruelles, sur la pierre du ² barri² où le Vieux se prélasse prés de l’Enfant qui joue, sur l’aile au martinet dans le couchant vermeil, sous le dais clair obscur des platanes où la fontaine sourd sa chanson de cristal, où la fête s’embrase, où l’amitié se noue, où le village vit … paisible et bouillonnant.

Tandis que dans la plaine, l’Aygues capricieuse, ruisselant de galets, d’eau vive et de clarté émoustille les filles aux plaisirs de l’été …

… là-haut sur l’infini, à la porte des jours, de son trône olympien illuminé d’azur: le mont à tous les vents, le Ventoux, gardien de ces trésors enviés des monarques, des Papes, règne sur ce pays que les dieux ont béni.

Voyageur…, si tu hantes au matin ces hauts lieux quand les parfums de juin exhalent dans la vigne la grappe épanouie, chavirent d’allégresse le ballet des abeilles aux bractées du tilleul, embaument dans la haie le subtil chèvrefeuille et la neige des fleurs à l’olivier d’argent …

… si tu flânes aux temps chauds, à l’orée des pinèdes, inhalant les senteurs montant du lavandin, quand les chœurs des cigales, dans un hymne au soleil, bercent d’un festival la sieste de Cérès …

… et si tu tardes encor, aux vendanges fécondes, quand l’automne en folie attise de ses ors un sublime incendie…

" L’ivresse de tes sens exaltera l’éveil de désirs capiteux,

Et l’écho de ton cœur chantera… VILLEDIEU. "

Henri FAVIER

Vigneron

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